Dans le domaine de la biologie psychiatrique, les travaux menés à Tours autour du traitement de la dépression majeure et des états de stress post-traumatique correspondent à une forte attente, ces deux pathologies ayant une incidence élevée et les traitements disponibles étant longs, coûteux et souvent inefficaces. Par exemple, d’après l’Organisation Mondiale de la Santé, la dépression majeure constituera en 2020 le second problème de santé publique après les malades cardiovasculaires. Actuellement, sa prévalence est de l’ordre de 15% dans les pays industrialisés. L’un des problèmes majeurs liés à cette pathologie est le très fort pourcentage de patients ne répondant pas aux traitements (on estime que 30% des patients sont non répondeurs aux divers traitements). L’objectif de l’Equipe 4 de l’Unité INSERM 930 est de mieux comprendre les mécanismes et les marqueurs de cette résistance. En effet, cette résistance peut être liée à des sous-catégories nosographiques (par exemple la dépression des sujets âgés, plutôt liée à une forme prémorbide de maladie d’Alzheimer ou à des atteintes vasculaires) ou à des mécanismes neurobiologiques clairement identifiées (par exemple un déficit de la neurogenèse dans l’hippocampe). Cette recherche est abordée sous un angle translationnel, allant de la recherche de marqueur clinique de la résistance aux antidépresseurs à la découverte des mécanismes neurobiologiques sous-jacents, en passant par la mise au point de modèles animaux pertinents.

Les neuropsychologues du CeRCA disposent par ailleurs d’outils psychologiques d’évaluation pertinents pour diagnostiquer et mesurer les atteintes comportementales dues aux maladies neurodégénératives

L’utilisation des drogues d’abus a augmenté cette dernière décennie et représente un problème social et médical important. La dépendance aux drogues est une pathologie cérébrale chronique caractérisée par une consommation compulsive qui échappe au contrôle du sujet, accompagnée parfois de tolérance et de syndromes de sevrage. Parmi les personnes qui expérimentent les drogues, seule une minorité développe des syndromes typiques de la dépendance. Ce passage d’un usage « récréationnel » et contrôlé à la dépendance dépend d’interactions entre les facteurs génétiques, socio-historiques et environnementales. Un nombre de preuves substantiel indique que l’expérience précoce de vie module les effets des drogues et joue un rôle majeur dans le développement de la dépendance.

En utilisant des modèles animaux de la dépendance, il a été démontré que des conditions environnementales négatives, comme l’isolement social, augmentent la vulnérabilité aux drogues. Néanmoins, peu de recherche a été effectué sur la possibilité que des conditions environnementales positives, comme l’environnement enrichi, puisse avoir des effets protecteurs sur la vulnérabilité aux drogues.

Le LNEC à Poitiers utilise des approches verticales afin de déterminer comment les gènes et l’environnement influencent les effets des drogues d’abus au niveau comportemental, neurochimique et moléculaire. De plus, ce laboratoire aborde le thème des troubles impulsifs et compulsifs avec des approches originales en psychobiologie expérimentale alliant les modèles pré-cliniques à la recherche clinique chez l’homme. Cet axe de recherche devrait aboutir à une meilleure connaissance des ces troubles psychiatriques, étape essentielle afin d’élaborer des stratégies efficaces pour la prévention et le traitement de ces désordres. Cette recherche pourrait aboutir à l’identification de marqueurs biologiques ainsi qu’à de nouvelles cibles thérapeutiques.